le sourire de Kate

kate smileJe vous invite à découvrir une interview dans le Boudoir de Kate. Il s’agit de revenir sur la dimension figurative mais aussi symbolique du sourire. Merci encore à Lynda pour son idée 😉 Et à ses lectrices pour leurs commentaires chaleureux.

Sourires de convenance, mécaniques ou vrais sourires, est-ce que la duchesse de Cambridge sourit avec le coeur? Elodie Mielczareck est sémiologue. Elle décrypte les expressions, les postures, la couleur des cravates des politiques et autres signes. Ses analyses sur les sorties de maternité de la duchesse sont des pièces d’anthologie. Elle est l’auteure du livre “Déjouez les manipulateurs”, paru aux Editions du Nouveau Monde en février 2016, et anime le blogdelasemio. Pour le BDKM, Elodie revient sur un aspect souvent méconnu du portrait, le sourire. Alors Kate Middleton en une de Vogue, un sourire plus vrai que nature? Décodage.

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BDKM. Kate au naturel campe une Marie Ingalls dans la prairie du Norfolk. Le storytelling est bucolique et rassurant. La duchesse de Cambridge respire le bon air et la joie de vivre. Elle se trouve sur ses terres, sereine, loin du tourbillon des mondanités. Elle a préféré la campagne aux lambris, le chapeau feutre au diadème. Il ne lui manque plus qu’une fleur aux dents. Quelles différences voyez-vous entre ce sourire “content d’être là” et ceux, plus institutionnels, affichés dans l’exercice des fonctions de représentation.

EM. Arrêtons-nous quelques instants sur la posture du corps. Les bras se croisent sans crispation, au niveau des poignets. La main gauche est la plus visible. Ce qui est intéressant sur deux points. Le premier, d’un point de vue cognitif. Ici, la main gauche vient se poser sur le poignet droit. C’est la main de la spontanéité, car reliée à l’hémisphère droit du cerveau (ouverture, mouvement, relation). Versus, la main droite reliée à l’hémisphère gauche davantage lié au contrôle (analyse, évaluation, factuel). La posture du corps s’interprète donc comme “naturelle”, “spontanée” , “décontractée”. Même si le travail de mise en scène est en fait important, la scène donne le change. Et d’un point de vue sociologique, la main gauche est celle qui porte la bague. Le cadrage de la photographie permet ainsi de valoriser ce rang social: Kate Middleton n’est pas n’importe qui, c’est la femme du prince William, héritier du trône. La structure photographique navigue donc entre deux codes symboliques paradoxaux : la dimension inaccessible de Kate (c’est une icône monarchique) et sa dimension chaleureuse (elle pourrait être ma copine).

C’est là que réside toute la magie et l’esthétisme de cette couverture réussie. Cette dernière dimension relationnelle qui nous amène, plus ou moins consciemment, à cette phrase-” elle a l’air sympa Kate”-est permise par différents signes, plus ou moins contrôlables…

L’un d’eux est la décontextualisation du décor: le portrait se fait en “pleine campagne”, et non pas dans les jardins de Buckingham palace. Autres signes, ses vêtements, plutôt communs et de style streetwear. Je laisse la main à Lynda sur ce sujet.

Enfin, il est un dernier point qui me semble assez notable: son sourire. Il est en effet assez rare de voir ce type de sourire sur les couvertures de magazines. Celui-ci est sincère, authentique et chaleureux. Versus le sourire social-dit aussi de sociabilité ou faux sourire-souvent arboré par les personnalités publiques. Comment distingue-t-on un vrai sourire d’un faux sourire? La technique est assez simple.  Elle consiste à couper horizontalement le visage, pour observer ce qui se passe au niveau des yeux. Démonstration.

kate-regard-couverture-vogueIci, l’expressivité des yeux est maximale: brillance, paupières inférieures toniques et remontées, et quelques ridules au coin des yeux. Voici ce qui permet de vérifier la sincérité du sourire. Ce n’est pas tant de voir la blancheur éclatante des dents, vous l’aurez compris. Dans un vrai sourire, tout le visage se met en mouvement, et le regard est également rieur. Visiblement, Kate a passé un vrai bon moment lors de ce shooting. Difficile de tricher et de commander ces signes faciaux non-verbaux. C’est sans doute dans cette sincérité, photographiée et figée pour l’éternité, que naît l’empathie pour cette icône-commun des mortels parmi les intouchables?

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