génération Y


Ces derniers jours on parle beaucoup du traité budgétaire européen. D’ailleurs, on ne se demande plus si l’austérité sera à l’ordre du jour mais comment les petits plats seront mis dans les grands. Jusque là, François Hollande avait réussi à prolonger les thèmes de sa campagne autour du « mieux vivre en 2017 qu’en 2012″, en plaçant la jeunesse et l’éducation au centre de toute attention.


Sans doute, les désillusions vont être nombreuses dans les semaines à venir. En tous les cas, les valeurs de « mieux vivre » et de « changement » se comprennent avec le recul comme un appel du pied direct et réussi à la Génération Y, qui partage ces mêmes valeurs. C’est le résultat de l’enquête menée par le groupe Mazars en association avec WoMen’Up.

Changer les entreprises plutôt que les salariés

La génération Y, communément appelée ainsi pour décrire les personnes nées dans le début des années 80 jusqu’au milieu des années 90 (avec un ordi dans la main), est symptomatique d’un monde en mutation et véhicule de nouvelles valeurs.
Le grand changement réside surtout dans le refus d’une dimension sacrificielle, le travail ne doit plus être vécu comme une corvée ou de loyaux services rendus avec licenciements à la clef. Aujourd’hui, la génération Y revendique de pouvoir vivre pleinement sa vie au sein d’une relation vie pro/perso équilibrée. Une exigence proportionnelle au sentiment de précarité vécu par cette jeunesse qui aura toujours connu le chômage et la crise.

Si la génération Y est souvent perçue comme inadaptée dans le monde de l’entreprise, force est de constater que c’est la structure de l’entreprise elle-même qu’il faut changer.

La parité, un enjeu admis

Pour 44% des 1011 Yers interrogés, issus de 64 nationalités différentes, la parité est vécue comme une évidence. Elle est un non-sujet pour seulement 10% d’entre eux. Autre résultat intéressant, les principaux objectifs de vie entre homme et femme sont à la fois équivalents et différents. Les hommes s’intéressent d’abord à vivre pleinement leur vie puis à réaliser un équilibre entre leur vie pro et perso alors que pour les femmes, c’est d’abord cet équilibre qu’il s’agit de trouver. Par ailleurs, les femmes cherchent d’abord à être indépendante financièrement avant de se lancer dans le « fonder une famille ».

Génération Y : qu’en pensent nos parents ?

Nous sommes des parents dont le principal objectif allait se réaliser avec la réussite universitaire de nos enfants. Nous avons estimé que seule la connaissance pouvait et peut les intégrer efficacement de manière honorable dans cette société qui, ne le cachons pas, nous dépasse maintenant par sa vitesse dans les échanges de l’information et la maîtrise des nouvelles technologies.
Plusieurs réalités viennent frapper leurs perspectives d’avenir : le nombre d’années d’études sanctionnées par des diplômes prestigieux n’est plus la garantie d’un emploi éminent, sûr et pérenne ; le temps d’intégration dans le monde du travail, devenu ‘ de ce fait ‘ plus long, se réalise dans la douleur des stages répétés à peine rémunérés ; une reconnaissance qui prend le visage de l’Arlésienne ; le droit du travail bafoué au nom d’une productivité désynchronisée des sphères démocratiques et du respect même de la personne humaine ; un monde qui paraît toujours en mouvement mais qui piétine dans l’avancée des sciences humaines, sur une planète aux ressources énergétiques qui s’épuisent irrémédiablement, sans espoir de solides substitutions, menacée d’une démographie alarmante.
Nos enfants découvrent un lendemain sans aucun horizon d’élévation, ils sont issus d’une classe moyenne dont l’équilibre précaire se rapproche plus du sans domicile fixe que de la richesse des classes aisées.
Refusant catégoriquement de subir le châtiment de Sisyphe, leur façon d’amorcer leur futur n’est pas comme la notre. Nous l’avons envisagé comme une possibilité de réaliser nos rêves. Eux l’entreprennent avec un pragmatisme hors du commun, une prise de conscience dépouillée des ombres d’idéalismes trompeurs et dépassés.

Le défi de vivre libre, sans corruption, responsable et heureux est toujours là, installé depuis longtemps dans nos aspirations les plus secrètes, nos peurs les plus refoulées, et c’est à eux, à nos enfants que nous demandons de relever cette énorme gageure que nous n’avons pas eu le courage d’affronter.

Une génération appelée « génération Y », donc. Je pencherais plutôt pour une génération de l’alpha et de l’oméga, mais ne nous trompons pas, la jeunesse peut beaucoup, à l’instar de nos anciens devant l’adversité.

Alors comment nos descendants nous jugerons-t-ils ? Auront-ils de l’indulgence envers nos actes, et pourront-ils nous admirer avec les mêmes yeux que nous avons admiré nos parents ? Pascal M., libre-penseur.

Retrouvez cet article sur le site du Nouvel Obs.

 

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